l'Actualité de l'Union des Engagés Volontaires, Anciens Combattants Juifs 1939 -1945, leurs Enfants et Amis. - 10 juin 2017

Les Régiments Ficelles

Mes motivations concernant

la réalisation des Régiments Ficelles 

En 2008, André Breuvard, alors chargé de production chez VictorImage, me contacte un jour pour me proposer de faire un film sur les Régiments Ficelles, composés de volontaires étrangers, juifs d’Europe de l’Est pour la plupart ou républicains espagnols réfugiés en France, et dont l’action avait été exemplaire durant la campagne de France de mai et juin 1940. Il en avait trouvé trace dans un livre de Jean-Pierre Richardot qui leur consacrait quelques lignes.

Moi-même je tombais des nues, n’en ayant jamais entendu parler bien qu’ayant fait de nombreux films historiques sur la période.

Mon premier réflexe fut évidemment de pianoter sur mon ordinateur à la recherche de quelque indication. J’appris que l’on avait désigné ainsi, par dérision à cause leur pauvre accoutrement, trois Régiments de Marche de Volontaires Etrangers. Je tombai également sur le site des anciens combattants juifs, l’UEVACJEA, et sur François Szulman, leur président.

Je me suis très vite rendu compte qu’en m’appuyant sur les archives filmées de l’époque, je pouvais raconter dans ses grandes lignes la bataille de France mais en aucun cas celle menée par ces trois régiments. Faute d’images, il me fallait donc trouver des survivants dont je puisse enregistrer les témoignages.

Grâce à François Szulman, j’ai pu rencontrer les quatre derniers survivants connus de cette histoire. Le plus jeune avait 90 ans, le plus âgé, 94. Par chance ils avaient servi, chacun de leur côté, dans chacun des trois régiments et leurs souvenirs étaient encore précis. Je pouvais donc, grâce à eux, reconstituer l’histoire des 21ème, 22ème et 23ème RMVE.

Pour la compréhension des spectateurs, je décidai d’intégrer leurs témoignages dans l’histoire plus générale de cette bataille de France de mai-juin 1940 racontée par les archives filmées. Je décidai aussi de raconter, en parallèle, l’histoire politique du moment car je trouvai intéressant de mettre en évidence le contraste entre d’un côté le défaitisme de nombreux politiques français, jusqu’au ministre de la guerre, déjà prêts à collaborer et à prendre leur revanche sur le Front Populaire honni, et de l’autre, la volonté affirmée d’étrangers, engagés volontaires pour en finir avec le régime nazi dont ils connaissaient la malfaisance. 

Robert Mugnerot

 par Robert Mugnerot